mardi 16 mars 2010

Marre des promesses, place au changement !

Le collectif Sequana dénonce l'accord global obtenu aujourd'hui entre la direction d'Europe écologie et le PS. En l'état des négociations, nous maintenons notre appel au boycott de la liste Huchon en Île de France. Nos voix ne sont pas à vendre !


Tout le monde semble se satisfaire de cet accord, mais regardons-y de plus près :

-5 vice-présidences (contre 4 actuellement) : le poids du mouvement écologiste a-t-il stagné depuis 2004 ? Est-ce la conclusion démocratique du vote de dimanche ? De toute façon, ces vice-présidences non définies ont toutes les chances de n'être que des coquilles vides sans pouvoir réel de transformation sociale.
Plus que jamais, le collectif Sequana demande la création d'un pôle écologique autonome dirigé par un écolo et incluant les politiques de transports et de logement. Seul un accord détaillé et contraignant avec Jean-Paul Huchon et les socialistes peut nous assurer de mettre en oeuvre un projet compatible avec le programme d'Europe écologie.

-Tarif unique du Pass Navigo : Encore une fois, le collectif Sequana ne peut se satisfaire de l'enterrement première classe accordé à cette proposition-phare d'Europe écologie. L'accord conclu entre Europe écologie et le PS prévoit son application à mi-mandat (pourquoi attendre ?) avec un prix à définir. Nous réclamons l'application immédiate à 65 euros de cette mesure d'égalité sociale.

-Mise en place d'une politique alternative et solidaire : sur ce point, c'est le statu quo et rien ne nous pousse à l'optimisme. Nous demandons des garanties pour une politique alternative vraiment écolo et de gauche !


L'accord conclu aujourd'hui n'est pas satisfaisant. Nos idées sont muselées par l'arrogance et le caporalisme du Parti socialiste. Les listes sont déposées, mais nous avons encore 5 jours pour négocier. Faisons pression sur nos partenaires socialistes pour une vraie politique écologique, de gauche et solidaire en Île de France.

lundi 15 mars 2010

Des Verts franciliens contre la course aux postes et un accord de circonstance avec le PS

Réalisme politique. Le mot se veut "tactique" et "responsable", mais masque en réalité tous les renoncements de la terre. L'écologie politique n'est enfin plus considérée comme un "ghetto utopiste". Notre travail de pédagogie a porté ses fruits. Europe écologie est devenu un parti crédible pour le grand public, c'est très bien. Avoir raison seul contre tous ne peut être la voie menant aux changements de modèles économiques, écologiques et sociaux indispensable pour construire demain.

Mais parce que l'écologie politique a incontestablement muri ces dernières années; parce que de plus en plus de Français "apolitiques" se retrouvent dans notre projet de société, nous avons une responsabilité grandissante et nous devons aujourd'hui plus que jamais avoir le courage de tenir tête à nos partenaires. Une relation mature et équilibrée entre partis de gauche est à ce prix-là !

La crise économique, écologie et sociale est aussi passé par là ! Confirmant ce que nous avons toujours dit...

Certes nous sommes un parti de gauche. Certes nous nous devons d'accepter les responsabilités que les électeurs nous accordent, et nous ne pourrions à l'heure actuelle le faire avec aucun autre parti que le Parti socialiste. Mais ne confondons pas réalisme politique et réalisme politicien. Europe écologie n'est pas le PS. Les programmes de Cécile Duflot et de Jean-Paul Huchon sont très éloignés. Parfois même incompatibles. Négociation implique concessions, mais trop longtemps nous avons accepté d'avaler des couleuvres pour exister politiquement.

Il ne peut pas y avoir d'accord viable entre les deux listes si l'on n'évoque pas les sujets qui fachent. Le bilan écologique de Jean-Paul Huchon tout d'abord, que nous devons avoir le courage d'assumer puisqu'il est aussi un peu le notre. Mais pour l'assumer pleinement dans la mandature à venir, ne nous contentons pas d'une coquille vide de vice-présidence à l'écologie. La politique écologique du conseil régional ne peut être dissocié des politiques de transports et de logement.

Cécile Duflot et Europe écologie doit avoir les coudées franches sur la politique écologique au sens large du terme de la région dans un portefeuille comprenant transports et logement. Seule solution pour peser réellement sur la politique écologique du conseil régional et mettre en oeuvre un véritable "laboratoire vert-rose", qui préfigurera une nouvelle gauche diverse et ancrera efficacement l'écologie à gauche et la gauche à l'écologie. L'Île de France doit être la région pilote de ce nouveau paysage de la gauche française.

Autre sujet qui fache et qu'on ne pourra pas passer sous silence sous peine d'obtenir un accord batard, qui n'aura pour tout mérite d'assurer 2.000 euros par mois d'indemnités à quelques élus bien placés en nous donnant une illusion de poids politique, le Pass Navigo à tarif unique. Cécile Duflot s'est à de nombreuses reprises, avec beaucoup de courage d'ailleurs, prononcée pour un tarif unique du Pass Navigo à 65 euros. Les socialistes ont été contre tout au long de la campagne. Sur ce point aussi ils devront faire des concessions et accepter cette proposition de justice sociale qui permettra de décloisonner Paris de sa banlieue et offrira une réelle unité à tous les franciliens. C'est cette fois leur ancrage à gauche qui est en jeu.

Jean-Paul Huchon doit enfin s'engager à mettre en oeuvre, main dans la main avec Europe écologie, un modèle de développement économique local porteur d'une autre croissance, fondée sur des indicateurs alternatifs et solidaires.

Attaché à des négociations de fond transparentes, le collectif Sequana demande la mise en place de politiques vraiment vertes et solidaires:

-la constitution d'un pôle écologie global confié à Cécile Duflot et comprenant notamment la gestion des politiques de transports et de logements

-l'application du tarif unique du Pass Navigo

-un modèle de développement économique régional solidaire porteur d'une autre croissance

Nos votes sont au prix de ces exigences.

Collectif Sequana : l'écologie politique doit prendre ses responsabilités

L'écologie politique a grandi, s'est affermie. Le succès historique des élections européennes a été confirmé au premier tour des élections régionales, et nous avons tous milité pour. Avec près de 17% des voix, Cécile Duflot a une responsabilité historique pour bâtir une véritable alternative de gauche écologique. Les Verts ne se contenteront plus d'être la touche de couleur des socialistes ! Nous ne voulons plus être leur alibi écolo !

Sequana est un collectif francilien d'acteurs du milieu associatif et d'élus écologistes, qui ont décidé de prendre la parole pour faire pression sur Cécile Duflot et Jean-Paul Huchon. Les écologistes d'Île de France n'accepteront pas un accord de circonstance, motivé par des calculs politiciens et des questions de personnes.

La liste conduite par Cécile Duflot représente plus que ses 17%. Nous sommes le point d'équilibre de la gauche francilienne. Pour le collectif Sequana, l'Île de France doit être un laboratoire de co-gestion responsable et exigeante et ouvrir la voie à une nouvelle relation décomplexée entre Verts et socialistes. Nous n'accepterons pas le consensus mou et refuserons d'appeler à voter pour une liste née d'un petit arrangement anachronique et condescendant Europe écologie, les Verts et ses partenaires la Fédération régions et peuples solidaires.

Cécile Duflot semble d'ailleurs à ce jour sur la même longueur d'ondes lorsqu'elle déclare: " Il y a maintenant la responsabilité des socialistes de ne pas renouer avec leurs tentatives hégémoniques pour permettre cet accord et cette dynamique de second tour à laquelle nous sommes très attachés ".

Sequana est la divinité gauloise des sources de la Seine, le fleuve capital, ultime lien (pollué et menacé) entre la cité et la nature.